CHAPITRE 2
18h05. Il est en retard. Ça fait 5 minutes que je
piétine dans mon salon à l'attendre, un peu trop
impatiemment à mon goût, mais je ne peux
m'empêcher de faire les 100 pas en me demandant s'il n'a pas
oublié. Heureusement, il sonne enfin. Je me précipite
pour lui ouvrir, mais je me prends les pieds dans mon sac de cours,
qui, par je ne sais quel miracle est arrivé à 2
mètres de la porte d'entrée. En voulant faire vite,
je m'emmêle encore plus dans la bretelle du sac, et, mon
professeur s'impatientant, je tire cette saloperie jusqu'à
la porte, que j'ouvre, en sueur. Ça le fait rire de me voir
dans cet état là.
-Qu'est-ce que tu fais avec un cartable accroché
à la cheville ? Tu te prends pour un bagnard
?
Et
voilà, il se fout de ma gueule !Un bagnard ! Non mais
n'importe quoi !
-Je me suis pris les pieds dedans et j'arrive pas
à l'enlever.
-Bouge pas je vais le faire.
Il
s'accroupit à mes pieds et empoigne ma cheville, qu'il
soulève. Je manque de tomber, mais me rattrape à son
épaule.
-Bah alors, t'arrives pas à tenir sur un pied
?
Je
ne trouve rien à lui répondre, alors,
délicatement, il commence à libérer ma
cheville. Sa main frôle ma peau. Brutalement, j'ai chaud,
trop chaud. Il se concentre, visiblement le nœud est
difficile à défaire. Il relève la tête
vers moi.
-Dis donc, elle devait t'en vouloir ta bretelle, parce
que là c'est carrément un nœud de marin que tu
m'a fait !
Jim,
dis quelque chose ! Mais rien à faire, aucun son ne veut
sortir de ma bouche, qui s'ouvre pourtant pour respirer plus vite
que je ne voudrais. Il a terminé. Il se relève et me
fait face.
-Ça va ?
-Oui oui, parviens-je enfin à
articuler.
-T'es sûr ? On dirait que t'as
chaud...
-Un peu.
-En même temps, pour mettre du noir par une
chaleur pareille, faut être fou ! Déboutonnes un peu
ta chemise.
-Quoi ?
-Roh lala...
Sans
que je n'aies le temps de rien faire, il pose ses mains sur mon
torse et défait un à un les boutons de ma chemise
jusqu'à la naissance de mes pectoraux. Puis, comme si de
rien n'était, il pose un paquet de feuilles sur la table et
me fait signe d'approcher. J'obéis, et il me tend un petit
classeur rouge.
-Tiens, je t'ai fait des fiches de révision de
tout ce que t'as vu pour le moment.
-M-Merci.
-Je te croyais pas
si timide.
Allez, maintenant je passe pour le bon élève
coincé !
-Parce que bon élève tu l'es pas
peut-être ?
Aïe, j'ai pensé à voix haute. Vite Jim,
rattrape le coup !
-Pas tant que ça... Mais j'suis pas
coincé !
-Je demande à voir...
Ah
c'est comme ça ! Bah il va voir ! Soudainement, je me jette
sur lui et je l'embrasse. Il n'a pas l'air plus surpris que
ça, et, au lieu de me repousser, il approfondit le baiser en
glissant sa langue dans ma bouche. Ce geste me laisse un peu
perplexe, mais je suppose qu'il veut voir jusqu'où je peux
aller. Il me provoque, et je réponds à sa
provocation. Alors j'enroule ma langue au tour de la sienne, qu'il
glisse toujours plus loin dans ma gorge. Je sursaute lorsqu'il
colle mon bassin au sien, ne ménageant pas ma
virilité, qui, sous l'effet de l'excitation grandissante,
commence à se durcir dans mon pantalon. Je ne veux surtout
pas qu'il le remarque. Alors je me détache de lui et le
regarde dans les yeux sans sourciller, même si ce qui vient
de se passer me gêne
énormément.
-Je retire ce que j'ai dit, tu n'es pas
coincé.
Et
tout d'un coup, il éclate de rire.
-Par contre tu es extrêmement
susceptible.
S'il
continue à me vanner en permanence, je vais me vexer. Mais
ce serait reconnaître qu'il a raison. C'est quand il
s'éloigne de moi que je réalise à quel point
le baiser m'a plu, et que je me rends compte que j'ai envie de
recommencer... Mais je m'abstiens, s'il se rendait compte que je
veux réitérer l'expérience, je serais dans de
beaux draps ! Et puis merde, c'est mon prof ! Qu'est-ce qui me
prend d'un coup à vouloir embrasser un mec ? Je dois
vraiment être crevé pour penser à
ça.
-On pourrait peut-être passer au cours
?
-J'arrive.
S'il
se fout encore de moi, je ne me laisserai pas faire. Je m'assois
à côté de lui et il sort ses feuilles de
cours.
-Alors je t'ai fait une leçon sur le
régime politique à Rome pendant l'antiquité.
Je te dicterai les cours comme ça t'imprimeras mieux. OK
?
-OK.
Il
commence à lire ses fiches et les mots s'étalent sur
les lignes de mon cahier. Je suis impressionné par ses
phrases : fluides, claires, impeccables. Je m'imagine aux
côtés de Cicéron, en train de faire un discours
sur les fautes de Verres, puis au Sénat, puis marchant dans
les rues de Rome... Ses mots me captivent et me font
découvrir l'aspect de la Rome antique qui m'était
inconnu jusqu'à présent. Il a réussi à
me passionner pour une période de l'Histoire que je
n'affectionnais pas spécialement ! J'enregistre tout ce
qu'il dit, et je sais que plus tard en relisant cette leçon,
j'entendrais encore sa voix grave et sensuelle m'expliquer comment
Octave devint Auguste, et comment Rome fut gouvernée par un
fou sanguinaire. Dans sa bouche, les mots décrivant la
politique Romaine deviennent brusquement plus intéressants
que lorsqu'ils étaient prononcés par ma vieille prof
d' histoire rabougrie de 1ère année de fac. Je ne
vois pas le temps passer, et les minutes défilent à
une allure folle.
-Oh lala ! Déjà 19h00 ! Faut que je me
trouve un truc à bouffer ! Je connais pas la ville
!
Il a
l'air complètement paniqué ! Il est venu d'une autre
ville pour moi... Jim ! Je mettrai au clair mon comportement
bizarre plus tard.
-Tu peux manger chez moi ce soir, et après je te
filerai quelques bonnes adresses...
Ryan
dis oui....
-Tu ferais ça pour moi ? Merci, c'est vachement
sympa !
...
Merci. Il a l'air vraiment soulagé.
-Bon, je... je... vais
cuisiner.
Je
sors un paquet de nouilles chinoises, des champignons, du poulet et
un oignon. Je connais cette recette par cœur, j'adore la
cuisine chinoise. Je mélange tout, et 5 minutes plus tard,
le plat fumant est posé entre mon professeur et moi. Je le
sers, et en lui rendant son assiette, il frôle volontairement
ma main. Gêné, je n'ose pas le regarder, ça
l'amuse beaucoup. Il commence à manger, et devant son air
appréciateur, je lui demande :
-C'est bon ?
-Excellent...
C'est moi ou il vient de faire un sous-entendu là ? Je
le regarde finir de manger silencieusement, puis je
débarrasse la table. Quand je reviens dans le salon, il est
debout avec toutes ses affaires dans les bras.
-Bon, je vais y aller.
-Oui...
Je
le raccompagne jusqu'à la porte, et au moment où
j'allais lui dire au revoir, il se retourne et me regarde avec un
air provocant qui ne me dit rien qui vaille. Brusquement, il
agrippe ma nuque et colle sa bouche à la mienne. Il force le
barrage de mes lèvres pour me rouler une pelle magistrale.
Alors que je manquais cruellement d'oxygène, il me
lâche enfin. Je ne sais plus quoi penser, quoi dire, ni quoi
faire.
-A demain !
-Ça y est, il est parti. Comme ça. Sans rien me
dire de plus qu'un simple A demain ! Alors qu'il vient de m'embrasser ! Je n'y
crois pas ! Je ne comprends même pas pourquoi il a fait
ça. Fatigué, je vais m'allonger sur mon lit. Je n'ai
plus la force de réfléchir. Trop d'émotions en
trop peu de temps. Beaucoup trop. Le sommeil ne tarde pas à
m'emporter, et les bras de Morphée n'ont aucun mal à
m'accueillir en se faisant passer pour ceux de quelqu'un
d'autre.
Gobly~~>Ah non, le lemon c'est pas
pour tout de suite...
Mais reste, t'en vas pas !
Yuumi Bouh la vilaine qui
fantasme sur son prof de maths !
Paaaaas bien !
Je suis contente que ça te fasse
rire, mais c'est trop con ce truc avec le sac !